Du Moyen-Age à la Révolution
Le Moyen-Age fut certainement une époque de grande richesse pour Louvres. Les deux églises du lieu furent reconstruites fin XIème – début XIIème dans le nouveau style architectural de l’époque : l’art roman. Puis, elles furent agrandies toutes les deux et partiellement remaniées fin XIIème – début XIIIème dans le style gothique.
C’est aussi au XIII siècle que Blanche de Castille et son
fils Saint-Louis firent construire l’Hôtel-Dieu de Louvres
pour les pèlerins et les malades. Une maladrerie fut également
édifiée à Louvres pour y accueillir les lépreux que l’on
était alors obligé d’isoler totalement du reste du
monde.
A l’inverse, la guerre de Cent Ans fut pour Louvres comme
pour toute l’Ile de France une période de grande misère.
L’église Saint-Justin fut en grande partie détruite en 1465,
et il faudra attendre le règne de François Ier pour voir la
reconstruction de ses nefs dans le style de la Renaissance par
l’architecte Nicolas de Saint-Michel. Elle ne fut terminée
qu’en 1540 et donna à cette église l’aspect
qu’elle a toujours de nos jours.
Mais on ne peut pas parler de l’histoire médiévale de Louvres
sans parler conjointement de celle du village d’Orville, qui
se situait au bord du Croult, à 2 kilomètres au sud de Louvres. Il
existait à l’époque mérovingienne et connut son maximum
d’extension sous le règne de Charlemagne. Ce sont les
fouilles qui ont révélé son existence, alors qu’il avait
disparu sans laisser de traces. Il périclita au début du Moyen-Age,
ses habitants étant alors sans doute attirés par Louvres, et il
laissa la place au château-fort des "Ducs" d’Orville, puis à
celui de la famille d’Aulnay. Celui-ci fut détruit en 1438,
lors des combats de la guerre de Cent Ans, sans qu’il en
reste pierre sur pierre. Cependant, les fouilles actuelles le
restituent peu à peu, ainsi que le village carolingien, pour faire
de ce site un lieu culturel actif et complémentaire du Musée
d’Histoire et d’Archéologie.
Le Grand Siècle a laissé peu de traces à Louvres. Par contre, la
Révolution bouleversa profondément les esprits, à Louvres comme
ailleurs. Sous la Terreur, le curé de Louvres (l’abbé
Maldague), fut arrêté et guillotiné le 25 Juillet 1794. Dans le
même temps, on élevait un monument à la mémoire de Marat, l’
"Ami du Peuple", monument dont un plan de l’époque nous a
gardé le souvenir.
Les derniers seigneurs de Louvres (les familles Le Féron, de La
Haye de Bazinville et de Mareuil) tinrent résidence à
Louvres. Le château seigneurial se trouvait dans le Parc de
l’école des cadres de la SNCF. Il brûla accidentellement en
1815.